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La Souveraineté du Québec, une approche pédagogique.

Document de travail en révision

Le Québec et la nation québécoise, sa place dans le Canada

Aujourd'hui plus que jamais, le Québec forme une société distincte. Une société distincte entre autres par la composition de sa population qui est à 80% francophone. Le Québec forme une société distincte aussi dans ses valeurs. Des valeurs d'ouverture, de charité et de solidarité, de tolérance et de pacifisme. Ce sont ces valeurs qui font que le Québec est une destination prisée des nouveaux arrivants. Une autre trait remarquable de notre «société distincte» est le constat que, sauf exception très rare, la population francophone du Québec cohabite généralement très bien avec ses communautés anglophones et allophones ainsi qu'avec les populations autochtones et les nouveaux arrivants qui élisent domicile au Québec.

La baisse de la natalité chez la population francophone du Québec, conjuguée à l'essor connu au reste du Canada grâce à l'immigration, font en sorte que la population du Québec ne représente plus que 23% de la population canadienne. La nation québécoise francophone du Québec pour sa part ne représente guère plus de 18,6% de la population du Canada.

En 20 ans, la contribution du Québec au PIB canadien a beaucoup diminué passant de 24% à environ 21% de l'activité économique au Canada. Sur le plan démographique autant que sur le plan économique le Québec s'affaibli continuellement et se fragilise dangereusement.

Même si la population du Québec est à 80% francophone, il n'en reste pas moins qu'elle forme une minorité francophone au Canada et en Amérique du Nord. L'évolution du français est préoccupante. En effet, l'étalement urbain et l'attrait de l'anglais sur les nouveaux arrivants font en sorte que la situation du français est en déclin dans la région métropolitaine de sorte que le français va bientôt y être la langue de la minorité.

On a donc un Québec à deux personnalités. Le Québec métropolitain où les communautés anglophones et allophones sont concentrées, et le Québec des régions encore très largement francophone et moins capable de se renouveler par l'immigration.

Le poids du Québec dans la fédération canadienne ne cesse de diminuer. Le Québec est délaissé par les gros investisseurs qui préfèrent souvent s'établir dans le reste du Canada anglophone, un environnement culturellement plus près des marchés convoités aux États-Unis. Résultat, la croissance économique du Québec est anémique, fragile et toujours menacée à la moindre variation des économies de nos voisins.
 

Les défis du Québec : survivre, reprendre sa place et s'affirmer

Il faut revigorer le Québec, c'est une question de survie identitaire et d'essor économique de la nation québécoise.

Pour assurer sa survie, le Québec doit devenir souverain pour ainsi avoir accès à tous les leviers politiques, économiques et culturels qui lui permettront de se transformer, de corriger certaines situations et de rattraper ses retards pour pouvoir être compétitif et prospérer, s'épanouir et rayonner comme peuple francophone et comme puissance économique en Amérique du Nord.

Actuellement comme simple province de la fédération canadienne, le Québec est toujours soumis aux ententes internationales dans lesquelles le Canada s'est engagé. On n'est donc pas «libre» d'adopter une position différente de celle du Canada, une position qui pourrait mieux nous servir.

Les ressources disponibles et les projets d'investissement étant des opportunités finies il va de soi que si plusieurs projets échappent au Québec à la faveur des autres provinces canadiennes c'est le Québec qui s'appauvrit. Notre rayonnement est vite limité et est bien pâle et toujours dans l'ombre du reste du Canada.

Si on veut aller dans le plus compliqué, on doit songer à l'encadrement "pan canadien" dans lequel le fédéral enchaîne le Québec. Non, tout n'y est mauvais. Mais le non-respect et la «non-reconnaissance» des spécificités du Québec (qu'affiche toujours Ottawa) sont un fichu d'empêchement pour une nation qui veut s'épanouir et «prendre son envol» d'égal à égal comme il pourrait le faire en étant un pays souverain.

Du côté de la fiscalité, c'est la catastrophe. Le Québec est privé d'énormes moyens qu'Ottawa détourne dans ses coffres, et ce, sans compter l'inefficacité des dédoublements de programmes et l'énergie perdue à se défendre contre les ingérences d'Ottawa dans des domaines qui relèvent pourtant très clairement des compétences du Québec.

Ces arguments, qui semblent tellement évidents à tous les souverainistes, n'ont pas réussi à convaincre la grande majorité des Québécois lors des référendums tenus pour faire l'indépendance du Québec.

La solution ultime, faire du Québec une nation souveraine

Les Québécois n'étaient peut-être pas prêts. Les dirigeants souverainistes ont négligé de parler de ce qui se dessinait pour le Québec. On n'a pas été assez clair sur les enjeux de survie de la nation québécoise. On ne s'est pas fait assez rassurant face au futur et aux turbulences qu'on aurait à traverser.

On n'a malheureusement pas osé décrire et présenter à la population du Québec ce que c'est de faire naître un pays.

Aujourd'hui on doit tirer des leçons de ces échecs passés.

Personne ne veut d'un autre référendum perdant.

Aller en province enseigner les vertus de la Souveraineté est suicidaire si on ne s'y prépare pas bien à l'avance.

Aller en province enseigner les vertus de la Souveraineté est tout autant suicidaire si on cache la vérité aux Québécois par rapport aux turbulences qu'on aura à affronter.

On ne bâti pas un pays sur des cachettes, des astuces et des manipulations de la vérité.

Ce n'est pas tout de prêcher les vertus de la Souveraineté.

On doit être capable d'anticiper les objections et être capable d'y répondre convenablement.

On doit entamer un dialogue franc et honnête avec tous les Québécois pour leur expliquer les transformations qu'on doit opérer pour assurer la survie de la nation québécoise. On doit montrer comment la Souveraineté du Québec devient alors grandement souhaitable sinon inévitable pour assurer notre survie.

Le Québec n'est pas homogène. Il y a le Québec des régions et le Québec de la région métropolitaine. Les efforts de sensibilisation des Québécois à l'importance de faire la Souveraineté du Québec devraient être conséquemment modulés en volets métropolitain et en volet régional, tout en ayant en tête que l'auditoire rencontré partout en province et à Montréal est composé de clientèles variées, mais des clientèles, des Québécois dont les préoccupations peuvent cependant être bien identifiées.

Dans les paragraphes qui suivent on présente des idées pour appuyer cette approche en adressant plus particulièrement :

  1. Les Québécois qui sont des fédéralistes convaincus.
  2. Les Québécois qui craignent les impacts de la Souveraineté.
  3. Les immigrants et les premières nations qui se voient plus canadien que québécois.
  4. Les Souverainistes convaincus.


Les fédéralistes convaincus

C'est très difficile de convaincre un fédéraliste "convaincu" de devenir Souverainiste. En fait c'est quasi impossible.

Donc avant de militer pour la Souveraineté du Québec auprès d'un «fédéraliste convaincu» il faut poser des questions pour bien comprendre ce que veut dire pour lui le "fédéralisme canadien" ? Est-ce seulement l'union et le partage (selon des règles établies il y a bien des années) de certaines ressources ?

Il faut poser la question aux principaux défenseurs de cette thèse et en particulier aux Québécois de cette allégeance et vraiment cerner le sens profond que représente le fédéralisme canadien pour ces Québécois.

Un fédéraliste vous dira qu'il aime l'idée d'un Canada uni, d'un beau grand pays... d'un océan à l'autre... où la diversité de la population et des paysages justifie largement que le Québec paye sa juste contribution et s'intègre à ces grandes valeurs.

Les arguments susceptibles de convaincre une telle personne sont possiblement plus axés sur les phénomènes de mondialisation et de coopération entre les nations qui marqueront le troisième millénaire.

Le Québec veut s'ouvrir sur le monde et non pas se replier sur lui-même. Un Québec fort, Souverain et serein sera un atout majeur utile et stimulant autant pour le Canada que pour l'Amérique du nord toute entière.

Il peut être utile de faire un retour en arrière sur les récentes querelles et échecs de renouveau constitutionnelles pour expliquer qu'un Québec Souverain qui est en bons termes avec ses voisins permettrait tout de même au Canada de rester un beau grand pays mais avec le Québec non plus comme une province source de tiraillement au sein de la fédération canadienne mais avec le Québec comme bon voisin prospère qui entretien de bonnes relations économiques et politiques d'égal à égal avec le Canada et tous ses partenaires.

Les idées d'expansion économique et d'épanouissement culturel que permettrait le voisinage avec un Québec Souverain sont de bons atouts qui peuvent gagner des appuis même auprès des fédéralistes. 


Ceux qui craignent les impacts négatifs de la Souveraineté

À ce chapitre plusieurs craintes devront être apaisées. En voici quelques unes.

Les questions d'argent sont sûrement les questions qui surgiront les plus rapidement.

Pensez par exemple à la question de la répartition de la dette canadienne, des actifs canadiens en sol québécois ou la question de l'utilisation de la monnaie canadienne.

On doit donc "faire nos devoirs" et préparer des réponses claires et bien appuyées de démonstrations solides et de témoignages irréfutables, pour démontrer qu'un Québec Souverain ne sera pas plus pauvre pour autant et que le Canada n'a vraiment aucun intérêt, tant sur le plan économique que politique, à étouffer le Québec.

Il faut être convainquant mais demeurer honnête et sincère. La moindre erreur à ce volet sera amplifiée et utilisée pour démolir toute tentative d'argumentation.

Une autre question qui mérite d'être adressée concerne la forme de gouvernement dont se dotera le Québec. Le projet de Constitution du Québec actuellement en préparation par les instances de l'Action Souverainiste peut aider à l'argumentation et à apaiser certaines craintes.

L'intégration d'une charte des droits et libertés à la Constitution du Québec ainsi que l'idée d'une reconnaissance internationale rapide d'un Québec Souverain peuvent aussi être des éléments rassurants pour plusieurs.

On peut aussi penser aux situations où des Québécois ont peut-être de la famille au Canada et ils craignent d'en être coupé. La question de la libre circulation entre le Québec et le Canada a souvent été évoquée de même que l'utilisation du passeport canadien. Ici aussi on doit rappeler le désir d'ouverture du Québec sur le monde et non son replis sur lui-même. Il appartiendra au Canada de rester ouvert aux Québécois, de reconnaître ses citoyens et d'encourager la libre circulation entre nos deux nations comme entend le faire le Québec avec tous les Canadiens.

À ces considérations élémentaires on pourra être appelé à expliquer comment dans un Québec Souverain fonctionneraient par exemple le service de la poste, la protection du territoire et les forces armées nécessaires pour garantir l'intégrité territoriale du Québec. On peut se faire rassurant à ce chapitre en se référant à la Constitution du Québec et en rappelant le désir d'ouverture du Québec sur le monde qui, à l'instar de la Communauté européenne, pourra négocier avec ses partenaires toutes les ententes politiques et commerciales nécessaires à sa sécurité et à son épanouissement en Amérique du nord.


Ceux qui se voient plus comme des canadiens que des québécois

Ce qui caractérise ces québécois c'est la primauté de leur sentiment d'appartenance au Canada. Ils habitent certes le Québec mais avant tout ils sont des habitants du Canada. 

Bien que le Québec entende faire une place à ces citoyens et à reconnaître leurs droits acquis, la question de leur nationalité n'est pas entièrement sous son contrôle. Le Québec pourra certes aborder la question de la double identité lors des négociations de sécession mais l'issue de la question n'est pas entre nos mains.

Le Canada va-t-il renier ces canadiens implantés en sol québécois, pour les abandonner et leur retirer leur citoyenneté canadienne ? Ce serait certes un levier très émotif que le Canada pourra exercer pour influencer le vote référendaire et le faire échouer. Il sera donc important d'aborder cette question très tôt pour éviter que ne s'installe des craintes démesurées néfastes à notre projet souverainiste.

Ici aussi le défi est de taille. Nonobstant la position du Canada, il faut démontrer que l'identité Québécoise est au moins aussi bonne et aussi valable partout dans le monde que l'identité canadienne.

L'opinion internationale pourra aussi influencer la perception que les Québécois ont de leur nationalité, d'eux-mêmes et d'un Québec Souverain. Il sera important d'obtenir des énoncés politiques en ce sens de tous nos alliés politiques.


Les vrais Souverainistes convaincus

Étant des sympathisants déjà gagnés à la cause de la Souveraineté du Québec on pourrait penser ici qu'on n'a aucun effort à consacrer à ce segment de la population..

Je propose bien au contraire de parler à ces Québécois sur ces différents axes.

  1. De renforcer leur sentiment d'appartenance au Québec et de les aider à prendre conscience de leur fierté d'être Québécois et de travailler à bâtir un Québec souverain.
  2. Parler de l'importance d'être accueillants pour l'ensemble des Québécois. Un Québec français oui bien sûr mais un Québec toujours aussi chaleureux et toujours aussi accueillant aux autres cultures constituantes.
  3. Préparer les Québécois à être des ambassadeurs de la Souveraineté et leur donner le vocabulaire et l'argumentation nécessaire pour qu'ils puissent travailler avec nous à obtenir l'adhésion de leur entourage.
     
  4. À l'instar du présent document, leur fournir des argumentaires simples et convaincants pour qu'ils puissent nous aider à faire comprendre aux autres Québécois et aux Canadiens qu'un Québec qui affirmera Sa Souveraineté en fait un partenaire encore plus fort et plus bénéfique à l'évolution de l'Amérique du nord toute entière.