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Le système d'éducation, un outil économique

Dans le discours inaugural prononcé par Jean Charest le 23 février dernier, vous êtes-vous demandé quel était l'objectif de la mesure voulant intensifier l'apprentissage de l'anglais dès la sixième année?

Si l'objectif visé était, à terme, de rehausser le niveau de compétitivité et de productivité du Québec, enseigner l'anglais en sixième année n'est certes pas le moyen le plus efficace qu'il aurait pu choisir.

En effet, on imagine souvent (et à tort) que la connaissance de l'anglais est un gage de succès. À quoi sert la connaissance de l'anglais (ou de toute langue seconde) si ce talent n'est pas mis au service d'une soif et d'un désir d'apprendre et d'une curiosité intellectuelle motivante qui propulse l'élève vers la réussite.

Les défenseurs de l'anglicisation précoce plaident que la connaissance de l'anglais «... permet d'accéder à toutes les connaissances et d'échanger avec tous les peuples de la terre ...» Se débrouiller en anglais est bien sûr fort utile, surtout lorsqu'on voyage. Mais de faire de l'anglais «... le moyen d'accéder à toutes les connaissances ...», c'est un peu gros, vous ne trouvez pas!

Un système d'éducation de qualité, qui est accessible et performant, même s'il est unilingue français, est le véhicule le plus efficace pour permettre à notre jeunesse d'accéder à toutes les connaissances nécessaires pour progresser, s'épanouir et réussir dans la vie.

L'investissement additionnel consenti pour l'étude de l'anglais (comme proposé par Jean Charest dans son discours inaugural) ne serait-il pas plus rentable, autant pour l'individu que pour le Québec, s'il servait (pour les jeunes) à apprendre qui on est et à identifier quelles sont ses forces et ses habiletés?

Savoir très tôt si l'on est doué pour des travaux manuels ou intellectuels, ou si l'on a la bosse des affaires, peut sauver bien des erreurs de parcours et orienter les jeune élèves vers une branche, une technique ou une profession, où la réussite sera au rendez-vous.

Tant qu'à investir des ressources additionnelles en éducation, ne devrait-on pas enseigner très tôt des notions de base nécessaires à la conduite du monde des affaires, par exemple: établissement d'objectifs, conduite des affaires, analyse de risque, processus de création, etc.

Le Québec peut très bien s'accommoder de nouveaux bâtisseurs et de nouveaux entrepreneurs, même si ceux-ci ne sont pas immédiatement très à l'aise en anglais. L'anglais peut s'apprendre très rapidement, surtout lorsqu'on est motivé par la conduite d'affaires sur des marchés internationaux.


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